Shell ( 0,30% à 3 662,50 pence) progresse légèrement au sein du FTSE 100 à la Bourse de Londres ce mercredi, après la parution ce matin de ses prévisions financières et opérationnelles globalement rassurantes pour le 3e trimestre 2026. La compagnie pétrolière et gazière britannique précise toutefois que ses perspectives restent indicatives et susceptibles d'ajustements d'ici la publication définitive de ses résultats trimestriels complets, prévue pour le 29 octobre 2026.
Gaz Intégré : montée en puissance de la production et intégration d'ARC Resources
Concernant son activité Gaz Intégré, l'activité Trading & Optimisation devrait être en ligne avec celle du 2e trimestre 2026. Les perspectives intègrent l'acquisition d'ARC Resources (société énergétique canadienne), finalisée le 2 septembre 2026.
La production devrait s'établir entre 740 et 780 milliers d'équivalent barils de pétrole par jour (kboe/d), en nette hausse par rapport aux 631 kboe/d enregistrés au 2e trimestre 2026.
Les volumes de liquéfaction de GNL sont prévus entre 7,2 et 7,6 millions de tonnes (MT), contre 7,7 MT au trimestre précédent.
Les dépenses d'exploitation sous-jacentes (Underlying Opex) sont estimées entre 1,3 et 1,5 milliard de dollars, après 1,1 MdUSD au 2e trimestre.
Les amortissements avant impôts devraient se situer dans une fourchette de 1,1 à 1,5 MdUSD (contre 1,2 MdUSD au 2e trimestre).
La charge d'impôt sous-jacente est anticipée entre 0,6 et 0,9 MdUSD (contre 0,8 MdUSD au 2e trimestre).
Les performances du Trading & Optimisation sont attendues stables par rapport au 2e trimestre 2026. Cette activité consiste à acheter, vendre et acheminer des volumes d'énergie (pétrole, gaz, électricité) pour maximiser les profits autour des actifs physiques de l'entreprise.
Amont : stabilité de la production et coûts maîtrisés
Quant à la division Amont (upstream), la production est attendue entre 1 735 et 1 835 kboe/d, un niveau stable ou en légère baisse comparé aux 1 824 kboe/d du 2e trimestre.
Les dépenses d'exploitation sous-jacentes devraient s'élever entre 2,1 et 2,5 MdsUSD (contre 2,2 MdsUSD au 2e trimestre).
Les amortissements avant impôts sont prévus entre 2,2 et 2,8 MdsUSD (contre 2,5 MdsUSD au trimestre précédent).
La charge fiscale est estimée entre 2,5 et 3,3 MdsUSD, contre 2,8 MdsUSD au 2e trimestre.
Les dépréciations de puits d'exploration pour le 3e trimestre sont estimées à environ 0,3 MdUSD.
Marketing : légère baisse attendue des résultats ajustés
Pour le pôle marketing (réseau de stations-services, lubrifiants et produits spécialisés, ventes aux professionnels, commercialisation de carburants renouvelables), les volumes de ventes sont anticipés entre 2 550 et 2 650 milliers de barils par jour (kb/d), s'inscrivant dans la continuité des 2 570 kb/d réalisés au 2e trimestre.
Les dépenses d'exploitation sous-jacentes sont estimées entre 2,3 et 2,7 MdsUSD (contre 2,5 MdsUSD au trimestre précédent).
Les amortissements avant impôts sont attendus entre 0,5 et 0,7 MdUSD (contre 0,6 MdUSD au 2e trimestre).
La charge fiscale sous-jacente devrait baisser pour s'établir entre 0,2 et 0,5 MdUSD (contre 0,4 MdUSD au 2e trimestre).
Le résultat ajusté (adjusted earnings) est attendu en baisse par rapport au deuxième trimestre 2026.
Chimie & Produits : envolée des marges de raffinage et contraintes logistiques
Pour l'activité Chimie et Produits (Chemicals & Products), la marge indicative de raffinage enregistre une hausse très marquée, anticipée à 42 USD le baril au 3e trimestre contre 24 USD le baril au 2e trimestre.
A l'inverse, la marge indicative s'oriente à la baisse à 208 USD la tonne, contre 270 USD la tonne au 2e trimestre.
Le taux d'utilisation des raffineries devrait s'établir entre 93 et 97% (contre 102% au 2e trimestre), un niveau directement affecté par le faible niveau des eaux du Rhin impactant la raffinerie de Rheinland (Allemagne).
Le taux d'utilisation des usines chimiques est prévu entre 81 et 85% (contre 83% au 2e trimestre).
Les dépenses d'exploitation sous-jacentes sont anticipées entre 1,7 et 2,1 MdsUSD (contre 1,9 milliard ajusté au 2e trimestre).
Les amortissements avant impôts sont estimés entre 1,1 et 1,3 MdUSD (contre 1,1 MdUSD au 2e trimestre).
La charge d'impôt devrait augmenter pour se situer entre 1,0 et 1,5 milliard de dollars (contre 0,6 milliard ajusté au T2).
L'activité Trading & Optimisation devrait être en ligne avec celle du 2e trimestre 2026.
Renouvelables & énergie : maintien de la rentabilité dans un marché en transition
Le résultat ajusté du segment Renouvelables et Solutions Energétiques (Renewables and Energy Solutions) est attendu entre 0 et 0,4 MdUSD, après un niveau de 0,1 MdUSD au 2e trimestre.
Les pertes du segment Corporate (fonctions support centrales, gestion financière globale, Dépenses de recherche et développement) devraient se situer entre 0,6 et 0,8 MdUSD (comparé à -0,6 MdUSD au trimestre précédent).
Cash-Flow : pression ponctuelle sur la trésorerie au T3 2026
Par ailleurs, d'autres éléments sont à prendre en compte pour le groupe Shell.
Le flux de trésorerie généré par l'activité (CFFO) hors besoin en fonds de roulement inclut une entrée de dividendes en provenance de coentreprises (JV) de 0,8 MdUSD, compensée par une sortie équivalente de 0,8 MdUSD via le besoin en fonds de roulement (ces fonds ayant été préalablement déposés par le segment Corporate). L'impact net sur le CFFO est nul.
De plus, la dépréciation des actifs de biogaz dans la branche Marketing sera en grande partie compensée par une reprise de dépréciation dans la branche Gaz Intégré. Ces deux éléments sont comptabilisés en éléments identifiés (identified items).
La dette nette sera impactée par le règlement en trésorerie et la reprise de dette liés à l'acquisition d'ARC Resources, ainsi que par la hausse des composantes variables des contrats de location de navires à long terme dans le contexte macroéconomique actuel.
Concernant le CFFO, pour le 3e trimestre 2026, la charge d'impôts payés sur les flux de trésorerie devrait s'élever entre 3,1 et 3,9 MdsUSD (contre 2,9 MdsUSD au trimestre précédent). L'impact des instruments financiers dérivés sur la trésorerie est estimé entre une sortie de 0,4 MdUSD et un niveau neutre contre 0,2 MdUSD au 2e trimestre.
Par ailleurs, le flux de trésorerie hors besoin en fonds de roulement sera ponctuellement grevé d'une sortie d'environ 2,5 MdsUSD liée au calendrier de paiement des certificats d'émissions allemands (BEHG).
Enfin, la variation du besoin en fonds de roulement devrait s'inscrire dans une fourchette allant d'une sortie de 4 MdsUSD à une entrée de 1 MdUSD (à comparer à un apport positif de 3,4 MdsUSD au 2e trimestre).
L'avis des analystes : un point d'étape solide qui réconforte le marché
Commentant les prévisions du troisième trimestre de Shell, ING se demande si le marché réagirait positivement : "La valorisation des rendements du raffinage n'est pas très élevée, compte tenu de la volonté du groupe de réduire son exposition au secteur de l'aval. Enfin, nous sommes pleinement conscients de l'impact des conflits mondiaux, qui ont nettement soutenu les résultats des compagnies pétrolières depuis le début du mois de mars." Par ailleurs, l'intermédiaire financier estime que le point d'étape de Shell sur les volumes est conforme aux attentes et ne comporte aucune surprise majeure.
Par ailleurs, Jefferies a aussi commenté ses perspectives. Pour le bureau d'études, l'élément marquant de ce point d'étape réside dans la marge de raffinage, qui s'établit à 42 USD/baril contre environ 32 USD/baril attendus. "Au global, nous anticipons un impact positif potentiel d'environ 4% sur le consensus Vara (VA) du résultat net du 3e trimestre 2026, actuellement fixé à 9 497 MUSD", indique-t-il.
De son côté, RBC considère que "sur le plan opérationnel, Shell a une nouvelle fois publié une solide mise à jour de trading. Une production plus élevée dans le secteur amont, bénéficiant d'un mois de contribution de la transaction ARC Resources, porte les prévisions de production au-dessus du consensus, tandis que les résultats de trading, stables par rapport aux niveaux élevés du 2e trimestre 2026, devraient soutenir la génération de trésorerie."
La banque canadienne s'attend à des révisions à la hausse du consensus sur les bénéfices et sur le flux de trésorerie sous-jacent précisant que dans l'ensemble, la génération de trésorerie sous-jacente apparaît solide par rapport aux attentes du marché.
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